top of page

Mon histoire sur le chemin de Compostelle

  • Photo du rédacteur: Linda
    Linda
  • 17 mai 2020
  • 11 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 août 2020

Voici mon histoire avec toute ma vulnérabilité et mon authenticité.


Chemin sacré au coeur de Soi
Chemin vers Compostelle

MON HISTOIRE

Durant l’été 2017, désirant prendre une pause dans ma vie et aussi pour me ressourcer, je suis allée en France où j’ai marché le chemin de Saint Jacques de Compostelle. Pendant ce pèlerinage, seule avec moi-même, j’ai pris conscience que la vie n’est pas de courir constamment; mais plutôt de vivre chaque petit moment en avançant un pas à la fois.

Être sur ce chemin c’est être à l’écoute de soi, de la nature et de l’instant présent. Le temps s’arrête et une paix intérieure s’installe tout doucement à chaque jour, tout au long de cette quête de soi.

Je me souviendrai toujours de ma première journée. Rapidement, je suis complètement sortie de ma zone de confort. Tout d’abord, je me suis perdue dans la ville car je ne connaissais pas le fonctionnement de signalisation du chemin de Compostelle. Et encore plus insécurisant, je n’avais aucune idée où j’allais dormir ce soir-là.


Je pensais sincèrement que je m’étais bien préparée, pour finalement découvrir que ce n’était pas tout à fait le cas. Intérieurement, j’étais dépaysée et j’avais l’impression de perdre complètement le contrôle. Pourtant j’avais tout le matériel nécessaire, et même trop pour cette longue expédition.

Pèlerinage sur le chemin de Compostelle sous la pluie
Chemin de Compostelle sous la pluie

J’étais sans doute protégée car le soir venu, je n’ai eu aucune difficulté à trouver un endroit pour la nuit. Merci à la dame qui m’a expliqué comment on pouvait réserver notre place à l’avance. Cette expérience m’a appris à faire confiance à la vie assez rapidement.

Cependant, je n’étais pas au bout de mes difficultés. Le lendemain, la pluie est arrivée dans l’après-midi avec son inconfort physique avec en plus la difficulté de marcher en montagne sur de la terre trempée. Cela a duré 3 jours.


C’est durant cette période que je me suis blessée à un genou en descendant de la montagne car j’étais très crispée et avais peur de tomber.

Cet incident est arrivé juste au moment où je commençais à bien comprendre la signalisation et où j’avais confiance que je trouverais toujours un endroit pour dormir. Cette blessure imprévue m’a mise face à une nouvelle peur et je me suis demandé : Vais-je avoir la capacité physique de continuer à marcher avec un genou en mauvais état ?

J’avais fait tellement de sacrifices pour être là. Pour moi, il n’était pas question d’arrêter, même si j’avais mal à un genou. Au village suivant, j’ai trouvé une pharmacie et j’ai acheté une bonne orthèse qui m’a aidée à marcher plus facilement.

Après seulement quelques jours sur la route, j’ai dû ralentir la cadence, car je ne pouvais plus marcher vite. La vie s’est organisée pour que je marche à pas de tortue. Et moi qui voulais arpentée les sentiers rapidement, en me disant que je pouvais le faire en un temps record. J’ai vite déchanté et j’ai dû m’ajuster à ce handicap.

Paix intérieure


Rien ne fonctionnait comme je l’avais prévu, et pourtant, profondément en mon cœur quelque chose en moi changeait. Je voyais les autres pèlerins marcher rapidement et me dépasser, soit par la gauche ou bien par la droite, et je leur souriais en leur en disant bonjour.

Puis tout doucement, une paix intérieure s’est installée en moi. Les jours et les semaines passaient, et le mental devenait de plus en plus silencieux. Un silence intérieur que je n’avais jamais vécu auparavant m’habitait.

Sur les sentiers, j’ai rencontré plusieurs personnes qui avaient la bonté tatouée dans le cœur. L’entraide était partout autour de moi.

Que ce soit pour aider, pour parler, pour écouter et même pour partager, il y avait toujours une personne tout près pour aider. La compassion et le partage sont presque qu’un prérequis pour emprunter ce chemin.


Ce qui était vraiment étrange, c’est que très souvent, je rencontrais la personne dont j’avais besoin au moment où j’en avais besoin.

Un jour, où j’ai dû m’arrêter pendant 3 jours afin de donner une pause à mon genou, il y avait un médecin en pèlerinage qui est venu manger à ma table. Il a examiné ma jambe et m’a dit que je faisais une tendinite. Il m’a donné quelques conseils, et m’a dit de prendre soin de mon corps et de faire très attention. Il faisait parti d’un groupe de personnes handicapées avec incapacité motrice, qui parcourait le chemin en chaise roulante.


Wow, quelle belle leçon de vie. C’était un privilège pour moi, d’être assise à leur table pour écouter leurs histoires. Mon cœur était grand ouvert. J’avais tellement d’amour et de respect pour eux.

Ensuite, j’ai repris la route, mais cette fois avec une meilleure compréhension, et beaucoup plus d’amour pour mon corps physique. J’ai pris soin de mon genou et de mes muscles endoloris, en utilisant de l’huile essentielle de Thé des bois à plusieurs reprises durant la journée. Et durant la soirée, je mettais un cataplasme d’argile sur mon genou.


Je marchais, en regardant mes jambes et mes pieds, avec une énorme gratitude en leur disant MERCI d’être là pour moi, et MERCI la vie de mettre sur mon chemin de si belles âmes.


Je me levais vers 5h00 chaque matin pour commencer la journée, car la température était beaucoup plus confortable tôt le matin. J’ai encore aujourd’hui en mon cœur, de beaux souvenirs du soleil levant, et de l’air frais du matin qui me caressait le visage. En dedans de moi, je peux encore sentir l’odeur de l’humidité matinale sur la végétation, entendre les oiseaux dont je ne connais pas le nom, chanter au soleil leurs plus belles chansons. La magie de la nature qui s’éveille au matin, est un cadeau de la vie que j’ai appréciée à chacune des journées de cette grande aventure.

Lever du soleil sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle
Lever du soleil sur le chemin de Compostelle

Transformer en mots ces images qui sont en mon cœur, me semble presque impossible, car se sont mes images à moi, mes sentiments à moi et mes émotions à moi. J’imagine que ces matins sont différents pour chaque personne, ou peut-être pas, qui sait ?





C’est alors que j’ai commencé à vivre le temps d’une façon qui était vraiment très étrange. J’ai toujours vécu dans une société où la vitesse fait partie de notre vie quotidienne et comme la majorité des gens, j’ai souvent planifié mon temps selon mes besoins personnels.

Pourtant, le temps a quelque chose à nous raconter. Il suffit simplement de s’arrêter, et d’admirer ce qui se passe réellement autour de nous. C’est ce que j’ai fait. J’ai pris le temps d’observer les abeilles qui butinent sur les fleurs à la recherche de nectar. J’ai pris le temps de cueillir les belles mûres qui poussaient tout au long du sentier et qui étaient prêtes à être dégustées.

Ce qui est étonnant, c’est qu’auparavant je n’aimais pas le goût des mûres, et que pendant des semaines, j’en ai mangé énormément. Chaque fois que j’en voyais; mon cœur était en extase en pensant que quelques minutes plus tard, j’allais enfin les savourer. Juste d’écrire ce souvenir réchauffe mon cœur et me fait saliver. Merci à Mère Nature d’avoir pris soin de mes papilles gustatives presque tous les jours. Comme la vie est belle.



Liberté

À mesure que j’avançais sur le chemin, un sentiment de liberté intérieur m’envahissait de plus en plus. Je n’avais plus envie d’être avec d’autres personnes. La seule idée de devoir marcher tout en parlant avec quelqu’un me déstabilisait car j’appréciais de plus en plus ces moments de solitude et de silence.



Tournesoil joyeux sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle
Tournesol joyeux sur le chemin de Compostelle

J’avais de l’amour en mon cœur pour tout ce qui était là autour de moi. Pour le soleil qui réchauffait mon corps jusqu’à midi. Pour les arbres qui me protégeaient dans l’après midi quand il faisait trop chaud. Pour les champs de tournesols à perte de vue, pour les oiseaux qui dansaient dans le ciel, pour les troupeaux de chèvres et de vaches sur mon chemin, et même pour les escargots qui marchaient lentement tout comme moi.




Tous ces petits moments de bonheur si simple où je me suis arrêtée pour observer la beauté de la nature sont imprimés dans mon cœur.

J’ai traversé plusieurs villes et villages en arrêtant à toutes les églises sur mon passage. Comme leurs portes sont ouvertes aux pèlerins, je prenais une grande pause pour me reposer et prier pour ma famille. J’ai aussi prié pour moi afin d’avoir la force physique de continuer jusqu’à Saint Jacques de Compostelle.



Le Pont Valentré à Cahors sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle
Le Pont Valentré à Cahors sur le chemin de Compostelle

J’ai pris plusieurs jolies photos du paysage et de monuments historiques. Cependant, je ne me souviens plus le nom de chaque ville ou village que j’ai traversé, ni le nom des belles églises où j’ai prié, car cela n’avait aucune importance à mes yeux. Le moment présent était ma priorité.






Je n’étais pas sur ce chemin pour apprendre la géographie ou bien l’histoire de la France, mais plutôt pour vivre mon expérience et guérir ma propre histoire.

Quelques temps plus tard, après avoir monté une énorme pente en croyant que ma destination était de l’autre côté alors que ce n’était pas du tout le cas ; le désespoir est entré en moi. Je n’avais plus la force physique de continuer, car mon genou était très douloureux et ne voulait plus avancer.

J’ai donc regardé le ciel et demandé à Dieu : Ai-je le droit de faire de l’autostop pour me rendre à ma destination. Je m’étais promise de faire le chemin jusqu’à la fin car je suis une perfectionniste et j’aime terminer ce que j’ai commencé. Mais la sagesse de mon corps me disait de ne pas continuer à marcher pour aujourd’hui, car cela aggraverait ma situation.

Après cette petite prière, je me suis posé la question : Pourquoi dois-je demander la permission à Dieu? Cela n’a aucun sens, j’ai le libre arbitre et les décisions que je prends dans ma vie m’appartiennent. Et que ces décisions soient bonnes ou mauvaises, je dois accepter de vivre les conséquences de mes choix et blablabla…

Ça y est, le mental est de retour. La souffrance de mon corps lui a permis de revenir et je ne suis pas très fière de moi. Je l’ai laissé me manipuler pendant plusieurs minutes avant de réagir. J’ai alors pris une grande respiration, regardé la beauté de la nature autour de moi et fais de mon mieux pour revenir dans le moment présent. Puis, en boitant, j’ai repris la route.


Il vaut mieux suivre le bon chemin en boitant que le mauvais d'un pas ferme.
Suivre le bon chemin

C’est alors qu’un petit miracle se produisit. Une dame d’environ 65 ans, qui venait de sortir de son stationnement, voyant ma difficulté à marcher m’a offert de me conduire jusqu’à la ville. Mon corps était tellement reconnaissant, que quelques larmes ont commencé à couler sur mes joues. Elle a tout de suite comprise que la réponse était oui, et mes larmes se sont transformées en un beau grand sourire.

Durant le trajet, je lui ai demandé si elle aidait souvent les pèlerins qui passaient devant sa maison. Elle m’a répondu que c’était la première fois. Je lui ai donc demandé pourquoi elle l’avait fait pour moi et elle m’a répondu qu’elle avait remarqué ma détresse. C’est alors qu’elle a mentionné qu’elle avait aussi l’intention de parcourir le chemin de Compostelle avec une amie. Elle espérait que si un jour, elle était en difficulté, une bonne âme viendrait aussi à son secours. Merci à cette grande dame au regard de compassion et d’amour.

Cette expérience m’a amené à réfléchir que, souvent autour de nous, il y a des gens de cœur qui sont prêts à nous aider. Mais, parfois nous prenons pour acquis toutes ces petites attentions qu’ils ont envers nous.


Il est temps de dire MERCI à toutes ces personnes, qui nous ont aidé dans notre vie et qui, parfois, nous ont permis de faire un grand bond dans notre évolution.

Lorsque je suis arrivé dans la ville, je me suis immédiatement rendue à la cathédrale pour prier et me reposer. C’était l’heure de la messe et il y avait beaucoup de gens. Afin de ne pas déranger, je me suis assise à l’arrière et j’ai prié très fort pour avoir de l’aide. Soudain à ma grande surprise une religieuse est venue me voir. Comme j’étais la seule pèlerine à ce moment-là, le prêtre aimerait que je vienne à l’avant pour la bénédiction des pèlerins.



Abbaye St Pierre de Moissac sur le chemin de Compostelle
ABBAYE ST PIERRE DE MOISSAC

Mon cœur fut tout chamboulé par cette demande. Je venais de vivre de grandes émotions dans la dernière heure et je faisais de mon mieux pour rester calme intérieurement. La religieuse a insisté et j’ai finalement dit oui. J’ai pris mes bâtons et marché tout doucement puis monté les marches vers le prêtre qui m’attendait.






Lâcher-prise


J’étais debout, de dos devant tous ces gens pendant qu’il me bénissait et que des larmes coulaient tout doucement sur mes joues. Je me sentais à la fois paisible et exténuée. Mon corps n’avait plus aucune énergie, il avait tout donné et venait de lâcher prise. Après avoir terminé la bénédiction, j’ai essuyé les quelques larmes sur mes joues, et je suis retournée à ma place. Les gens me regardaient avec un regard rempli d’amour et de compassion. Je sentais qu’ils comprenaient les difficultés qu’un pèlerin peut rencontrer sur ce chemin de rencontre avec soi-même.

Lorsque la messe fut terminée, je suis restée dans l’église pour me reposer et prier. Quelques minutes plus tard, la religieuse est venue me parler. Elle m’a dit qu’elle voyait bien que mon corps n’en pouvait plus et que je n’étais pas obligée de continuer dans de telles conditions. Ses paroles m’ont réconfortées et surtout déculpabilisée. J’avais marché près de 400 km, et pour la première fois, je me posais la question à savoir si je devais m’arrêter avant de ne plus pouvoir faire un pas de plus.

Ce soir-là, pour me changer les idées, j’ai mangé des moules dans un très bon restaurant. Cela m’a fait un grand bien de me reposer sur une chaise confortable tout en mangeant un de mes plats préférés. Ensuite, je suis allée visiter la belle Abbaye où j’allais dormir cette nuit-là. Au matin, en voyant les pèlerins heureux de partir avec leurs sacs à dos, et les moines marcher en priant dans les couloirs, j’ai senti un grand désir de reprendre la route.

Le ciel était bleu sans nuage, la température très confortable, c’est comme si la vie me disait : Aie confiance, tu peux marcher une autre journée. C’est dans des moments comme celui-ci, que le courage, la résilience et la détermination font toute la différence. J’ai donc repris la route, mais cette fois avec une grande légèreté dans le cœur, car je marchais un jour à la fois, en sachant que je pouvais arrêter le moment venu.


Il n’y avait plus ce sentiment d’urgence et j’ai arrêté de me mettre de la pression. L’idée de vouloir être performante et parfaite n’était plus, je venais d’apprendre le lâcher-prise. Quel beau cadeau de la vie.



La vie est belle sur le chemin de Compostelle
La vie est belle


À la suite de cette importante prise de conscience, j’ai réussi à marcher 183 kilomètres de plus avant que mon genou décide qu’il ne pouvait plus mettre un pied devant l’autre. Je me suis soudain souvenue de ma rencontre avec le groupe de personnes en fauteuil roulant. J’ai alors compris qu’il était important d’honorer ce corps et de respecter ses limites.





Quelques jours à peine me séparaient de la frontière de l’Espagne.



CONCLUSION


Aujourd’hui, je remercie profondément mon corps physique de m’avoir donné la possibilité de marcher autant de kilomètres. Tout au long de mon pèlerinage, j’ai fait de mon mieux pour en prendre soin.

Chaque partie de mon corps a eu besoin d’attention particulière durant ce pèlerinage. Que ce soit le dos, les jambes, les pieds, les intestins, les yeux et surtout la peau. J’ai réussi à ne pas avoir la peau trop brûlée par le soleil, en portant une casquette, de l’écran solaire et en utilisant de l’huile essentielle de Lavande. J’ai énormément apprécié chacune des huiles essentielles que j’avais mise dans ma trousse de premiers soins pour tous les petits maux durant le parcours.

Et bien sûr, il y a eu les fameuses ampoules aux pieds. Pour cela, la meilleure méthode que j’ai trouvée pour m’aider à diminuer l’inconfort, a été les pansements ampoules de la marque Compeed.

À présent que le chemin est terminé. J’ai pris la décision de ne plus vouloir contrôler la vie, et de laisser le plan divin me montrer le chemin. Car lorsque j’essaie d’aller trop vite en voulant tout contrôler, je fais plusieurs détours qui bien souvent ne sont pas les meilleurs choix.

À la croisée des chemins : Saint-Jacques de Compostelle
À la croisée des chemins

La vitesse est le symbole de notre société actuelle et à présent, je n’ai plus envie d’être le lièvre qui court sans savoir où il va. J’ai choisi d’être la tortue, qui prend le temps de respirer consciemment et avance sur son chemin de vie tout en connaissant sa destination.

Donc maintenant, comme la tortue, je prends le temps de m’arrêter, d’apprécier la vie et de vivre chaque situation dans le moment présent. De cette façon la meilleure solution se présente.

Quand je prends le temps de prendre du temps, je me sens en paix et je transmets cette paix autour de moi.


Merci au Chemin de Saint Jacques de Compostelle, pour tous les petits miracles qui se sont produit durant ce magnifique parcours.



Mag La vie est belle

 
 
 

1 commentaire


Louise Berneche
Louise Berneche
13 oct. 2023

WOW! quel beau partage avril 2024 sera mon depart pour Compostelle, je ne sais pas combien de kilos je marcherai, je veux seulement me endre a St Jacques de Compostelle, couper la poire en deux partir de Leon sera possiblement mon choix ou Porto encore indecise,Milee Merci a vous je vous admire louise

J'aime
Mont St-Michel
Sac à dos Chemin de Compostelle
Tour Eiffel Paris
Chemin de Compostelle Linda
Pont Valentre Cahors, France

À propos de moi

La vie est belle Linda

​Bienvenue sur mon site

Je m’appelle Linda.  Je suis une personne ouverte d’esprit et riche en expériences de toutes sortes. J’ai toujours été animée par une grande soif de connaissances et un puissant désir de transmettre tout ce que la Vie m’a appris. 

 

Lire la suite : À propos de Moi

 

  • White Facebook Icon
Linda La vie est belle
bottom of page